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Interview Nicolas Verdier "Un titre en Coupe de France c’est mythique, mais ça n’apporte rien ! "

A 41 ans, Nicolas Verdier, le pilote de Saint-Roman-de-Tousque, petit village lozérien situé à quelques kilomètres du mythique Col Saint-Pierre, touche à la consécration en remportant la Finale de la Coupe de France de la Montagne disputée à Quillan. Après des débuts comme copilote en rallye dès son adolescence, il s’est rapidement orienté vers la course de côte, discipline dans laquelle il a été deux fois champion de ligue en 2015 et 2017 au volant d’une monoplace.

Dorian Hirat :  Quel sentiment éprouvez-vous après cette victoire en finale de la Coupe de France ?
Nicolas Verdier : Tout le monde attend la finale. J’y ai déjà participé à plusieurs reprises. J’étais à Massiac lors de la première finale de la Montagne au volant de ma rallye 3. La victoire me paraissait inaccessible. C’est mythique pour un pilote amateur comme moi de gagner la finale. Mais c’est juste une victoire prestigieuse. En fait, ça ne change rien. Financièrement ça n’apporte rien. J’ai gagné 95 €. Dans une simple course régionale, la victoire m’aurait rapporté plus de 300 € ! J’aurais aimé qu’il y ait quelque chose au bout. Pas forcément de l’argent. Peut-être quelques engagements en championnat de France 1ère division afin d’inciter des pilotes à évoluer vers le haut niveau.

D.H. : Pouvez-vous nous rappeler votre parcours pour arriver jusqu’à cette consécration ?
N.V. : J’ai commencé par le rallye dès l’âge de 16 ans comme copilote de mon frère Bruno à bord de sa Simca Rallye 3. Ensuite à 20 ans, j’ai acheté ma propre rallye 3 pour faire de la course de côte. En 2004, je suis passé à la monoplace en faisant l’acquisition d’une Formule 3 Dallara 392 à moteur Alfa 8 soupapes. Je l’ai gardée un an avant d’évoluer vers une Dallara 396 à moteur Opel 16s. J’ai fait le pari de l’acheter en pièces sans savoir si le moteur marchait et avec mon frère, nous avons tout remonté. Depuis 2010, je roule toujours en Dallara, une 302 (année 2002) à moteur Renault. Au début elle n’était pas homologuée en régional à cause de la boite séquentielle et j’ai donc participé à quelques courses du championnat de France. J’ai gagné ma classe de cylindrée au Mont Dore, épreuve qui comptait également pour le championnat d’Europe.  

D.H. : Pourquoi avoir choisi la course de côte et la monoplace, une voiture normalement prévue pour le circuit ?
N.V. : La course de côte est une discipline avantageuse en matière de temps et d’argent. Ensuite, j’ai choisi de piloter une monoplace car c’est une voiture pour gagner. Je n’ai jamais fait de karting et c’était donc un pari osé que de vouloir piloter ce type de véhicule. Mais comme j’aime bien travailler sur les réglages, c’était une voiture pour moi. Les autres pilotes et ma femme s’étonnent toujours de me voir en train de bricoler sur la voiture qui est très sensible aux réglages. Si on veut être parfaitement efficace au volant, il ne faut négliger aucun détail. Je cours pour le plaisir mais je veux que ça soit bien fait, sinon autant ne pas participer.

D.H. :  Votre monoplace est elle la voiture idéale pour la course de Côte. Confère-t-elle un avantage indéniable ?
N. V. : La monoplace c’est ce qu’il faut pour gagner. Mais je ne peux pas dire si c’est mieux qu’un proto Norma car je n’en ai jamais conduit. Une monoplace c’est un peu moins puissant mais plus léger. Environ 225 cv contre 270 cv. Le rapport poids puissance est à l’avantage du proto mais la monoplace est plus agile. Les pilotes de proto se plaignent souvent d’un train avant pas assez incisif. Je pense que la tenue de route de la monoplace est plus performante par contre quand ça glisse, c’est trop tard… 

D.H. : Dans cette bagarre entre les deux types de véhicules, Pereira s’est montré un sérieux adversaire. Il vous a d’ailleurs battu à Quillan en cours de saison et vous avez pris votre revanche lors de la finale.
N. V. : Je savais que c’était un prétendant à la victoire. A chaque fois, il y a eu un écart de 3/10 de secondes entre nous deux. On en a discuté. 3/10 c’est rien. C’est difficile d’expliquer ce qui a fait la différence. Les écarts sont infimes. Lors de la première course de l’année à Quillan, j’avais installé une caméra embarquée pour pouvoir analyser ma course et optimiser mes rapports de boite en vue de la finale. Lors de la finale, j’ai refait 2 fois les rapports de boite pendant les essais. J’ai aussi fait les essais avec une bonne monte pneumatique afin de pouvoir bien régler la voiture pour la course.

D.H. : Vous avez quasiment tout gagné cette année. Cela vous donne t’il envie d’aller encore plus haut ?  
N. V. : J’ai fait 13 courses finale comprise et j’en ai gagné 10. J’aimerais faire du championnat de France mais ça demande un budget trop conséquent. Et puis ça serait également compliqué à gérer avec ma femme Géraldine et mes deux filles Laura et Lisa, qui m’accompagnent sur toutes les courses. J’ai mis ma voiture en vente. Si je la vends, je ferai peut-être un petit break. Si je ne la vends pas, je continuerai en championnat de ligue.

Propos recueillis par Dorian Hirat.

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Photo 1 / 2 du véhicule Interview Nicolas Verdier "Un titre en Coupe de France c’est mythique, mais ça n’apporte rien ! " Photo 2 / 2 du véhicule Interview Nicolas Verdier "Un titre en Coupe de France c’est mythique, mais ça n’apporte rien ! "
  • Son épouse Géraldine et ses filles Laura et Lisa,c accompagnent Nicolas sur toutes les courses.
    Son épouse Géraldine et ses filles Laura et Lisa,c accompagnent Nicolas sur toutes les courses.
Publié le par Copilot.fr
Interview Nicolas Verdier "Un titre en Coupe de France c’est mythique, mais ça n’apporte rien ! "
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