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Portrait Jean-Paul GUEDJ

A 60 ans, le pilote du Puech à côté du Lac du Salagou, fait preuve de beaucoup de sagesse, de générosité mais aussi de joie de vivre. Il n’a plus connu la victoire scratch depuis le Fenouillèdes 2009 au volant de la 306 maxi, mais cela ne semble pas pour autant entamer sa bonne humeur. Il est toujours l’un des grands animateurs des rallyes de notre région avec sa Clio R3.        

Avez-vous pratiqué d’autres disciplines sportives avant le rallye ?
« Je faisais de la course moto en circuit. J’ai participé au Bol d’Or en amateur en 1989. J’aurais pu être pilote officiel Honda mais j’ai préféré aller m’amuser avec les copains. Je ne regrette rien. J’ai aussi fait des rallyes moto. Et puis l’âge avançant comme j’étais avant tout passionné par les sports mécaniques, je me suis lancé sur 4 roues ». 

A quel moment avez-vous débuté en auto ?
« C’était en 1993-94. Je faisais du gymkhana en Simca Rallye II. Je gagnais alors je suis passé au rallye car c’est une discipline qui me paraissait accessible. Et puis ici à Lodève, on est au pied des Cévennes, une terre de rallye. Au début j’étais un peu perdu avec un copilote à mes côtés ». 

En parlant de copilote, je remarque que vous avez eu un nombre incalculable. Comment expliquez-vous cela ?
« On me demande très souvent de monter à mes côtés. Il y a quelques temps de ça, un groupe d’amis m’a appelé. Ils voulaient offrir un rallye en copilote à un camarade pour son anniversaire. Le gars était totalement novice. J’ai dit oui car ça me fait plaisir de faire plaisir. C’est vrai qu’un bon copilote ça repose. Une année, on était en tête à l’Espinouse. Le copilote d’un jour me fait pointer en avance. On s’est retrouvé hors course ».

 Vous n’étiez pas furieux ?
« Non pas du tout. C’est un loisir. Vous savez les coupes, je les donne aux gamins qui sont au pied du podium. Je donne tout, je ne garde rien. Pendant la course, je fais toujours le peintre. Je vais vous raconter une anecdote. Quand j’ai gagné le Fenouillèdes, j’avais un problème d’embrayage. Je m’étais bien gardé de le dire à mes principaux concurrents. Ils avaient l’air résigné et je ne voulais surtout pas leur laisser penser que la victoire leur était accessible. Pour me rendre à la dernière spéciale, je voulais prendre un peu d’avance afin de ne pas risquer de caler au départ. Les concurrents autour de moi me disent : «T’es pas pressé, t’as le temps. » Je ne voulais surtout pas leur donner d’explication. Alors je commence à leur raconter l’histoire de la chauve-souris de Bigard : Vous comprenez si au moment de partir dans la spéciale, la chauve-souris elle veut pas me laisser partir ! Les gars, Vivens en tête sont complètement ahuris devant mon histoire. Je les laisse sur place et je vais au départ du chrono. Au moment de m’élancer, je cale, le chrono tourne, c’est la chauve-souris qui me retient… Ca agace un peu les autres pilotes quand je gagne en faisant le peintre ! La moto, c’était plus sérieux».

Justement entre la moto et la voiture à quelle discipline va votre préférence?
« En moto, on prend 300 km/h, la puissance, le freinage… C’est vraiment le pilotage qui joue en moto. Quelle que soit la marque, tu pars à égalité. L’argent n’est pas prépondérant ».

Votre dernière victoire date du rallye du Fenouillèdes 2009 avec la 306 Maxi. Depuis que vous roulez en Clio R3, vous êtes redescendu en gamme. La victoire ne vous manque-t-elle pas ?  
« Non, ça ne me manque pas de gagner. Je roule pour moi. Je ne vis pas à travers le rallye. Ce n’est pas parce que je gagne que je prends du plaisir. J’ai aimé toutes mes voitures. J’apprécie la Clio R3 car c’est une auto bien plus simple que la 306 Maxi. Je peux travailler sur la voiture. Quand j’ai besoin, je la confie à Chazel. Il est sérieux. Il a une bonne petite équipe de jeunes et pratique des prix corrects. Et puis la R3 c’est sympa car on est toujours un certain nombre dans la catégorie. Il y a de la bagarre et comme j’ai une petite Accès ça fait toujours plaisir quand j’arrive à battre des Maxi ». 

Quel est votre programme pour 2016 ?
« Ce sera ma troisième saison avec la Clio R3. Je vais commencer par le rallye de l’Hérault puis le Vallespir. Ensuite on verra ».

Que pensez-vous de cette idée d’engagement réduit sans remise de prix en numéraire qui est pratiquée au rallye de l’Hérault ?
« C’est malheureux pour celui qui met beaucoup d’argent. Mais c’est tant mieux pour les petits ».

Dorian Hirat

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Publié le par Copilot.fr
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PALMARES :

11 victoires en rallyes, 2 titres de champion de la ligue Languedoc-Roussillon
2002 : Vins du Gard (BMW M3)
2004 : Espinouse, Vins du Gard, Lozère, Printemps (tous sur BMW M3)
2005 : Gard (BMW M3)
2006 : Lozère, Esculape (tous sur BMW M3)
2009 : Esculape, Printemps, Fenouillèdes (tous sur Peugeot 306 Maxi)

François roule  sur les traces de son père  
François a repris l’entreprise familiale dans le bâtiment et achève la construction d’une Clio R3 F2000 (voies étroites, roues en 18 pouces). Il était en train de souder l’échappement lorsque nous l’avons contacté. «La voiture est presque finie mais c’est trop juste pour être au départ du Rallye de l’Hérault. Alors on va prendre le temps de soigner les détails» explique François. Le pilote lodévois de 31 ans a reçu des gênes de vainqueur à n’en pas douter. Mais de trop rares apparitions ne lui permettent pas d’avoir un palmarès à la hauteur de son coup de volant. «Je ne roule pas assez mais pour moi le rallye est un loisir qui doit être un plaisir et ne pas coûter trop cher» confesse t-il. 3ème du rallye Cathare 2012, 12ème du dernier Critérium des Cévennes après avoir occupé un temps la 8ème position, tout cela au volant d’une modeste 206, sa jeune carrière est ponctuée de quelques beaux coups d’éclats. Son nouveau bolide devrait lui permettre de s’affirmer davantage. Et puis il a encore tout le temps devant lui, car son père a gagné son premier rallye à 46 ans. 

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