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Interview Pascal JANEL

Depuis 10 ans, Pascal Janel écume les rallyes de notre région avec de magnifiques voitures. Le gentleman driver de Jacou, ancien cycliste de bon niveau, revient sur son parcours automobile depuis son enfance dans les Cévennes jusqu’à sa dernière acquisition une rutilante Porsche 911, « reine des propulsions ». Sans oublier l’amitié qui le lie à son copilote Richard Villegas et au préparateur Renaud Chazel.

Dorian Hirat :  Si je me souviens bien, vous avez débuté il y a une dizaine d’année avec une Clio R3, n’est-ce-pas ?
Pascal Janel : Oui j’ai débuté en 2007. J’ai d’abord fait quelques rallyes avec une 206 puis effectivement, je suis passé rapidement à la Clio R3.

D.H. : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans le sport automobile ?
P.J. : Quand j’étais gamin, j’habitais dans le Viganais et j’étais copain avec Richard Villegas, qui par la suite, a été pilote et copilote. Je lui avais promis qu’à 40 ans, on ferait un rallye ensemble. Le jour de mon anniversaire, je suis venu sonner à sa porte et je lui ai lancé :  " Alors on le fait ce rallye ? " Depuis, on ne s’est jamais arrêté et on a disputé 100 rallyes ensemble.

D.H.  :  Depuis vos débuts, vous avez toujours eu de très belles voitures. Pouvez-vous jeter un coup d’œil dans le rétro et nous rappeler les principales étapes de votre parcours ?
P.J. :  Avec la 206, on terminait aux alentours de la 50e place. Puis avec la Clio R3 Access, on a fait un bond en avant. Nous avons tout de suite fait des résultats, pas parce qu’on était des champions, mais parce qu’on avait une voiture facile qui renvoyait bien les informations. J’avais une Clio RS pour reconnaître et la voiture de course était une super RS. En passant à la R3 max, on a commencé à rentrer régulièrement dans les 10 au scratch. Ensuite, j’ai fait l’acquisition d’une C2 Super 1600 ex-Loeb. Le poste de pilotage était décalé et il a fallu apprendre à rouler en freinant avec le pied gauche. J’ai alors acheté une voiture automatique pour rouler au quotidien et m’entraîner à cette technique un peu particulière si on ne vient pas du karting. Avec cette voiture, on a fait quelques podiums et été champions de ligue en 2013.



D.H. :  Vous êtes encore monté d’un cran avec la 207 S2000 pour atteindre l’apogée de votre carrière automobile ?
P.J.  : Oui, on montait régulièrement sur le podium jusqu’à remporter le rallye des Vins du Gard 2014. La 207 est la voiture la plus performante que j’ai eu. Elle était magique à piloter après un certain apprentissage. Contrairement à ce que pensent bon nombre de personnes sur le bord des spéciales, une voiture de course avec des voies larges et 4 roues motrices ne se conduit pas facilement. Pour en tirer toute l’efficacité, il faut oser la faire glisser à haute vitesse et ce n’est pas évident. Lors de la première spéciale avec cette voiture (ex Kronos), on fait le scratch devant De Meyer, une sacrée référence ! Je n’y croyais pas et lui non plus ! Mais des coûts d’entretien exorbitants m’ont dégouté. Un demi train roulant coutait 30 000 € et il y en avait régulièrement pour 20 à 25 000 €. C’était un rêve, je l’ai réalisé mais avec beaucoup de difficultés. 

D.H. :  Après la 207, on a l’impression que votre carrière a pris un tournant. La recherche de la performance absolue et de la victoire n’était plus votre objectif premier ?
P.J. : C’est vrai. J’ai avant tout pensé à me faire plaisir au volant. Le groupe F2000/14 est toujours bien fourni et j’ai voulu rouler avec les copains comme Vivens. J’ai fait le choix d’une voiture un peu exotique avec la BMW série 1 (Ex Moinet). Je suis parti en quelque sorte d’une feuille blanche. Ce n’est pas très grave car j’aime m’investir dans les réglages. J’ai confié le moteur à Chazel. Ca a été laborieux de la faire marcher. Et puis il a fallu que je m’y mette car je n’avais jamais conduit de propulsion et j’ai découvert ce bonheur. Il est peu probable que je revienne à une traction. Suite à une grosse sortie de route au rallye du Fenouillèdes, il était trop compliqué de la réparer et je l’ai vendue épave. Et comme je suis devenu fan de propulsion, je suis passé à la reine des propulsions, la Porsche GT3 mon actuelle voiture. Pour l’instant ce n’est pas évident…

D.H. : Quelles que soient vos voitures, vous confiez toujours l’entretien au préparateur Chazel, bien qu’il ne soit pas connu comme un spécialiste Porsche par exemple. Pourquoi ?
P.J. : On fait le pari ensemble quand je pars sur une nouvelle voiture. Même s’il n’est pas spécialiste, il apprend la voiture avec moi. Le rallye, c’est une affaire d’amitié. Je fais du rallye avec Richard Villegas et Renaud Chazel et personne d’autre. Faire du rallye, c’est partager de bons moments avec les potes. Si le résultat n’est pas là, ce n’est pas grave. J’ai 52 ans, je ne serai pas champion.

D.H. : Vous semblez pratiquer le rallye à l’ancienne comme à l’époque des Darniche, Andruet, Ragnotti…
P.J. : Oui tout à fait. La propulsion, le talon pointe, les repas dans les petits restos sympas pendant les reconnaissances. D’ailleurs, ces grands pilotes, on les a cotoyés avec Richard quand on était jeune. On les accompagnait et on les aidait à barrer la route quand ils faisaient des essais sur les spéciales cévenoles.

Propos recueillis par Dorian Hirat
Photo Chrismus Photogallery et Dorian Hirat

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  • Pascal Janel (à droite), en compagnie de son ami d'enfance Richard Villegas, à l'occasion du Rallye du Vallespir.
    Pascal Janel (à droite), en compagnie de son ami d'enfance Richard Villegas, à l'occasion du Rallye du Vallespir.
Publié le par Copilot.fr
Interview Pascal JANEL
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