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Interview Laetitia PALMERI

Loin des clichés habituels du garçon manqué, Laetitia Palmeri apporte une belle touche de féminité et d’authenticité dans le milieu automobile. La jeune thuirinoise nous fait partager sa passion de la voiture. Grâce à une volonté inébranlable, elle a réussi à mener à bien son parcours de mécanicienne et de pilote d’autocross. N’en déplaise à certains !

 

Dorian Hirat : Il est rare de rencontrer des femmes dans le milieu de la réparation automobile. Pourquoi avoir choisi de devenir mécanicienne ?

Laetitia Palmeri : Il n’y a personne dans ma famille qui travaille dans la mécanique ou bien qui est passionné d’automobile. Par contre, depuis toute gamine, j’adore les voitures. Dès que j’en croisais une, je citais le nom de la marque et du modèle à mes parents. A la fin du collège, je voulais apprendre le métier de mécano mais tout le monde s’est évertué à m’en dissuader. J’ai suivi les recommandations et j’ai commencé dans la coiffure. J’ai abandonné au bout d’un mois. Puis j’ai fait quelques petits boulots notamment dans la restauration et à 21 ans, je me suis réveillée. Je savais vraiment ce que je voulais. Cette fois-ci, personne n’allait me faire changer d’avis. J’ai décidé de me lancer dans la mécanique. Au bout de deux mois de stage, mes week-end shopping fringues se sont transformés en week-end shopping outils de mécanique. J’étais à fond dedans. Mais ça n’a pas été facile. J’ai contacté plus de 200 garages sans arriver à trouver un patron qui voulait former une mécanicienne. J’ai gardé la liste. Finalement le garage Hamelin m’a donné ma chance. Je faisais de la vraie mécanique. Sur une centaine d’apprentis, j’ai fini major de ma promotion au CAP.

 

D.H. : Le secteur de la réparation auto serait-il un milieu macho ?

L.P. : Oui ça c’est sûr. Aujourd’hui je travaille à la SEMA dans la vente de pièces de rechange automobile et souvent, quand un garagiste appelle et qu’il entend ma voix, il me prend pour une secrétaire. Ensuite, il s’aperçoit rapidement que je sais de quoi je parle. Heureusement que j’avais déjà 21 ans quand je suis arrivée dans ce milieu. Les papis hallucinaient de voir une femme s’occuper de leur voiture. Certains ne se gênaient pas pour me dire qu’ils ne trouvaient pas ça normal et je voyais bien qu’ils n’avaient pas confiance en moi. Par contre, que ce soit au garage Hamelin ou bien au garage Picard ensuite, mes collègues de travail ont toujours été sympas avec moi.

 

D.H. : En course comme réagissent les pilotes lorsqu’ils se font doubler par une voiture rose ?

L.P. : Au premier abord, les mecs sont sympas avec moi, mais ensuite ça se corse. Ils ne supportent pas de se faire doubler par une femme en course. Certains me l’ont avoué. Au virage suivant, ils n’hésitent pas à me foncer dessus. Je pense que c’est même plus macho que dans le milieu professionnel. Mais je m’en suis sortie indemne.

 

D.H. : Et vous, ressentez-vous un plaisir particulier à doubler un homme ?

L.P. : J’avoue que oui. Je veux prouver que les femmes peuvent aller aussi vite que les hommes. Bon je crois quand même qu’un homme a plus d’aptitudes physiques qu’une femme en particulier en autocross. Après une journée de course j’ai mal partout, je suis épuisée et je vais me coucher de bonne heure. Pendant ce temps-là, les gars vont faire l’apéro jusqu’à une heure avancée de la nuit.

 

D.H. : Quel est le secret d’une jeune femme pour faire de la mécanique la semaine sans avoir les ongles noirs quand elle sort le week-end ?

L.P. : J’ai toujours travaillé avec des gants. Et comme une paire ce n’était pas suffisant, j’en mettais deux ! Ca faisait marrer les gars qui étaient en apprentissage avec moi. Ils semblaient fiers d’avoir les mains pleines de cambouis. Moi je leur répondais que si j’étais leur copine, je ne me laisserais pas toucher par un gars avec les mains noires.

 

D.H. : Qu’est-ce-qui vous intéresse dans les voitures et le pilotage ?

L.P. : Je ne roule pas comme une folle tous les jours mais j’aime cette sensation de vitesse, sentir que je maîtrise la trajectoire. J’aime le bruit des moteurs et la puissance qu’ils dégagent. Avec mon copain Flo, on a loué une Tesla S (voiture électrique). C’est dommage qu’il manque le bruit mais quelle sensation extraordinaire à l’accélération. Je ne pourrais pas être en couple avec un gars qui –¬n’aime pas les voitures. Il me faut un passionné avec qui partager l’amour des voitures, à qui je peux envoyer un texto avec la photo d’une belle voiture croisée au coin d’une rue… Je trouve qu’une voiture c’est beau !

 

D.H. : J’ai remarqué qu’avec votre compagnon vous aviez un intérêt particulier pour les Honda. Pourquoi ?

L.P. : Avant de rencontrer Flo, j’avais une Audi.
J’étais fan de cette marque. Lui, il adorait les Honda. Dès mes premiers tours de roue en Autocross au volant de la Honda Civic, je n’ai plus voulu rouler qu’avec ça. Le système VTec, c’est génial. On dirait une moto dans les tours. C’est d’une fiabilité exceptionnelle. J’ai fait 10 courses avec une boite de vitesse sans huile et pas un souci. Du coup, j’ai vendu mon Audi pour une Honda.

 

D.H. :  Votre voiture actuelle en provenance d’Angleterre possède le volant à droite. Pas trop dépaysant pour un usage quotidien en France ?

L.P. : Un peu compliqué au début mais au bout d’une semaine, c’est bon. Il faut juste oublier le drive au Mc Do et les trajets par l’autoroute. C’est aussi plus pratique pour doubler avec l’aide d’un copilote.
Sinon le prix est défiant toute concurrence. A savoir deux fois moins cher.

 

D.H. : Prévoyez-vous de courir cette année ?

L. P. : Oui mais il faut absolument que je trouve une boîte de vitesse plus courte. J’ai vraiment très envie de courir car ça me manque de ne pas rouler. Et puis j’aime bien l’ambiance conviviale de l’Autocross Ufolep.

Propos recueillis par Dorian Hirat.

 

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Publié le par Copilot.fr
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