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Interview : Frédéric Raynal

Sa dernière performance en championnat de France au rallye du Limousin après un long parcours semé d’embuches démontre qu’à 38 ans, le garagiste Lodévois n’a rien perdu de son talent. Il fait bien partie des meilleurs pilotes de l’Hexagone.



Dorian Hirat : Pouvez-vous nous rappeler les grandes lignes de votre carrière en sport automobile ?
Frédéric Raynal : « J’ai fait mes débuts en 2001 sur une Sierra Cosworth deux roues motrices. A l'époque, on faisait surtout des glisses. Puis j'ai échangé avec une Escort et en 2003, nous avons été champions de ligue. Mais comme je ne comptais pas faire ça toute ma vie, passer 25 fois en recos par spéciale dans un rallye que je connaissais par cœur, je me suis lancé dans la Coupe Clio en 2004. Nous avons fait des podiums et lors du dernier rallye de la saison au Var, on jouait le titre. Mais une crevaison nous a fait perdre la Coupe pour 4 secondes... Ensuite, j’ai arrêté pendant 10 ans le temps de construire ma maison, et en 2013, on a repris avec une nouvelle Escort 4X4. En 2014, on a terminé 3e du Trophée Michelin en championnat de France.  ». 

D.H. : En fin de saison dernière votre moral était au plus bas. Désormais, il doit être au beau fixe car les résultats sont là, vous pointez en 2e place au Trophée Michelin et la catégorie R5 à laquelle appartient votre Fiesta a le vent en poupe.
F.R. : « En fait, cela fait peu de temps que j’ai retrouvé le sourire. Dès que j’ai eu cette voiture, j’avais une sonde qui se mettait en défaut ce qui induisait une perte de puissance. Le moteur manquait de couple à la relance et ne prenait pas de hauts régimes.  Je faisais tout ce que je pouvais. Je n'ai pas arrêté de changer des pièces et malgré ça, on n’arrivait pas à se battre pour la victoire. C’était lourd à gérer. Avant le Limousin, j’ai fait appel à la générosité de mes partenaires pour pouvoir disposer de la nouvelle évolution moteur de chez M Sport. Une semaine avant la course, je reçois le moteur que je remonte dans la voiture mais je constate qu’il y a toujours un problème. Comme je leur avais confié mon moteur, les techniciens de M Sport ont été plus enclins à m’aider que d’habitude. Ils ont bien voulu étudier mes acquisitions de données moteur et ils ont enfin trouvé le problème. A l’Antibes, on s’était fait découpés. Mais au Limousin, dès la première spéciale ça marchait du tonnerre. Dans la troisième spéciale, on met les Skoda et des WRC derrière nous. Je pensais que j’avais peut-être vieilli, attaquer plus était difficile. Je me suis rassuré sur ce dernier rallye en luttant contre Bonato et Michel. J’ai démontré que je pouvais encore être devant comme à l’époque de la Coupe Clio ».

D.H. : Vous faites souvent état de nombreuses difficultés notamment économiques que vous rencontrez pour courir en championnat de France. Qu’est-ce qui vous pousse à persévérer ?
F.R. : « J’ai toujours envie de réaliser de grandes performances. Je me bats contre des semi-pros. En championnat de France, tu côtoies des grands noms, c’est plus attrayant. Le père Marché m’a dit à l’arrivée du Limousin : " Tu fais enfin des perfs au niveau de ton coup de volant." Ca fait plaisir à entendre. Et puis en trophée Michelin, il y a des bonnes primes d’arrivée. Cette année, en gagnant le rallye de Lozère, j’ai encaissé un peu plus de 1 000 euros alors que quand tu gagnes le Michelin, c’est plus de 4000 €. C’est nettement plus intéressant. Mais il est vrai que je commence à fatiguer. Heureusement que mes parents m’aident à gérer le garage. Ma femme me soutient elle aussi, mais elle me répète souvent qu’on se bat contre des moulins à vent ! Pour la deuxième partie de saison ça va être fin de jouer le titre contre Roche. On n'a que 8 pneus pour le Rouergue. Ce n’est pas suffisant et comme j’ai claqué tout mon budget dans l’évolution moteur… ».

D.H. :  Après une pige au Touquet, vous avez refait appel à Jérôme Redon pour vous copiloter au Limousin et au Rouergue. Pourquoi ?
F.R. : « Jérôme, c’est un copain. On s’entend bien. Forcément, il annonce les notes au bon moment. Et puis avec Boris Carminati qu’il copilote habituellement, il a l’habitude d’être secoué. C’est important aussi d’avoir un copilote disponible car chaque rallye du championnat de France impose de prendre une semaine de congés et qui puisse participer au budget. Certains paient leur copilote, moi je n’ai pas les moyens ».

D.H. : Comment se profile la deuxième partie de saison ?
F.R. : « On sera au Rouergue, la prochaine épreuve du championnat, car c’est à côté de chez nous. Pour la suite, cela dépendra du résultat que nous aurons et des primes d’arrivée. On est usé physiquement et financièrement. Il faut arrêter d’être sur le fil du rasoir partout. "

Propos recueillis par Dorian Hirat

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Photo 1 / 4 du véhicule Interview : Frédéric Raynal Photo 2 / 4 du véhicule Interview : Frédéric Raynal Photo 3 / 4 du véhicule Interview : Frédéric Raynal Photo 4 / 4 du véhicule Interview : Frédéric Raynal
  • Jérome Redon (à gauche) et Frédéric Raynal.
    Jérome Redon (à gauche) et Frédéric Raynal.
Publié le par Copilot.fr
Interview : Frédéric Raynal
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“ J’ai démontré que je pouvais encore être devant comme à l’époque de la Coupe Clio”
“ Je pensais que j'avais vieilli (...) Je me suis rassuré en luttant contre Bonato et Michel...”
“J'ai toujours envie de réaliser de grandes performances.”

 

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