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INTERVIEW : Laurent MAGAT, un copilote de luxe

Laurent Magat, cadre chez Leader Price, réside à Capestang depuis 2001. A 49 ans, après avoir occupé le baquet de droite aux côtés des plus grands pilotes amateurs français, il est désormais le copilote attitré de Jean-Michel Raoux, dans une Ford Fiesta R5. Ensemble, ils parcourent l’Europe dans le cadre de l’Intercontinental Rally Championship. Laurent nous fait partager avec bonheur son exceptionnelle expérience.


A quel moment avez-vous attrapé le virus du sport automobile ?
Laurent Magat : Ma famille est originaire de Saint-Etienne. Chaque été, on descendait en vacances à Bandol et mon père m’emmenait faire un pèlerinage au circuit du Castelet. J’avais 10 ans et j’ai découvert les Grand Prix moto avec les Cecotto, Agostini, Roberts et aussi la Formule 1 avec Senna, Prost, Tambay. On connaissait le père Prost et il nous donnait régulièrement des places. 

Comment le spectateur que vous étiez est-il devenu acteur ?
Je jouais au foot et un copain de club courait avec une 205. Il m’a proposé de le copiloter à l’occasion du rallye du Montbrisonnais. C’était fin 91. Ensuite, toujours grâce à ce copain qui me prêtait sa voiture, j’ai tenté l’expérience comme pilote au Baldomérien et au Rallye des Noix, ainsi qu’en course de côte au Mont Dore. 

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé comme copilote ?
Ce rôle me plaisait car mon copain m’a fait évoluer à vitesse grand  V. Au bout de seulement trois courses, on participait au Tour de Corse 92 en Championnat du Monde des rallyes. Je côtoyais les Sainz, Mc Rae, Auriol… J’étais comme un gamin devant le sapin de Noël. J’ai ressenti la même impression la première fois que je suis monté dans une Porsche 911, et encore bien plus tard en 2011 lorsque j’ai disputé mon 1er Rallye de Monte-Carlo. 

Comment avez-vous fait pour devenir le copilote des meilleurs pilotes amateurs français ?
En lisant le magazine Echappement en 95, j’ai vu que Patrick Rouillard cherchait un copilote. Ca a commencé comme ça. Puis ensuite, j’ai copiloté Eric Thuel- Chassaigne en Coupe 106 durant les années 95-96. La maturité aidant, des portes se sont ouvertes. En 99-2000, je suis monté dans la Clio Maxi avec David Salanon, un copain d’enfance qui est de la même ville que moi, Montrond-les-Bains. En 2001, j’ai accompagné Jean-Marie Cuoq dans la 306 Maxi pour son premier succès en championnat de France lors du rallye du Rouergue. Un souvenir inoubliable car il y avait Loeb qui nous a ouvert le chemin de la victoire en sortant de la route. J’ai aussi copiloté Eric Rousset en 2003…


Depuis quelques années, vous semblez désormais attaché à un seul pilote. 
Jean-Michel Raoux est un super gars et un super pilote. Il est très fin metteur au point et m’a permis de découvrir de magnifiques épreuves en Europe. En 2011, nous avons gagné avec la Clio R3 la catégorie 2 roues motrices en Intercontinental Rally Championship. 

Le copilote est souvent négligé par la presse, les spectateurs… Cela ne vous gêne pas ?
Ca ne m’a jamais dérangé d’être dans l’ombre. Si on veut être dans la lumière, il faut prendre le volant. Le rôle du copilote, c’est de préparer le rallye surtout s’il se déroule à l’étranger, de gérer le timing de l’épreuve et d’annoncer les notes pour que le pilote puisse se concentrer sur le pilotage. Mes pilotes ont toujours été reconnaissants envers mon travail et sont unanimes sur le fait qu’ils ne seraient pas capables d’être copilotes. Mais vous savez, il faut être plus exceptionnel pour être un bon pilote qu’un bon copilote.

Quelles anecdotes retenez-vous de toutes vos aventures ?
Avec Eric Rousset, en championnat de France sur terre avec la Saxo T4, on a sauté dans un champ de Colza. On ne voyait absolument rien mais Eric est resté pied au plancher. Je me demandais bien où on allait, mais on a fini par retrouver la route. Avec Eric Thuel Chassaigne lors des recos de la Montagne Noire, en pleine nuit nous avons raté un virage.  A 2 km/h seulement, on est parti en tonneaux pour atterrir plus bas, perchés sur un grand tas de bois ! On a appelé les copains de la coupe 106. Ils sont venus nous aider à défaire le tas de bois pour que nous puissions repartir. Le paysan a du faire une drôle de tête quand il a découvert tous ses rondins de bois en vrac. On pourrait y passer des heures... Une dernière me vient à l’esprit. En 2011 avec Jean-Michel Raoux en Hongrie, nous avons arraché une roue arrière et fait 46 km de chrono et 60 km de liaison sur 3 roues. Au bout du compte nous avons terminé, marqué 3 points et à la fin nous avons été champions IRC pour un petit point. Il ne faut jamais lâcher !

Propos recueillis par Dorian HIRAT

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