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INTERVIEW : JORDAN BERFA

 " C’est bien plus kiffant à conduire une kit car qu’une R5 "

A 23 ans le mazamétain Jordan Berfa, récent double lauréat du rallye du Fenouillèdes, est un jeune homme qui a déjà la tête parfaitement sur les épaules. Le champion de France des rallyes sur terre 2017 fait le point sur sa récente victoire à Ille-sur-Têt et sur sa trajectoire automobile.

Dorian Hirat : Vous êtes un habitué des épreuves du championnat de France, pourquoi venir participer à un rallye comme celui du Fenouillèdes ?

Jordan Berfa : En 2017 j’étais venu à Ille-sur-Têt après mon titre de champion de France sur terre pour préparer la saison 2018 sur asphalte. Cette année après la sortie de route au rallye du Mont Blanc, la voiture n’était pas prête pour la fin de saison et c’est tout naturellement que j’ai envisagé de participer au rallye du Fenouillèdes car c’est pour moi l’une des plus belles épreuves de France. C’est un rallye qui mérite bien mieux en termes d’engagés et d’engouement. Ce rallye c’est une fête pour nous et l’occasion de retrouver notre copain Richard Génesca.

 

D.H : Si votre victoire en 2017 avait tourné à la démonstration par contre, cette année ce n’était pas gagné d’avance ?

J.B : C’est la première course que je disputais au volant de la Maxi Mégane de mon père. J’ai fait seulement 30 km d’essais. L’objectif était d’être à l’arrivée sans abimer la voiture car j’ai bataillé durant un mois et demi pour qu’il me la prête. J’ai assez vite compris comment ça marchait et lors des premières spéciales du samedi, j’ai trouvé que l’on s’en sortait pas mal vis-à-vis de Patrick Rouillard. Et le dimanche sous la pluie et dans le brouillard, j’ai très bien roulé.

 

D.H : Quelles ont été vos sensations avec la Mégane, kit car emblématique des années 90, par rapport à votre habituelle Hyundai de la moderne catégorie R5 ?

J.B : La Mégane, c’est totalement différent de ce que j’ai conduit jusqu’à présent. Il ne faut pas s’enflammer à son volant car c’est une voiture qui donne l’impression de pouvoir en faire toujours plus mais quand tu touches la limite ça ne pardonne pas. C’est bien plus kiffant à conduire une kit car qu’une R5. Le moteur de la Mégane prend 8600tr/mn (283cv) ! Mais par contre la R5 est plus performante.

 

D.H : Qu’avez-vous ressenti en franchissant la ligne d’arrivée en vainqueur ?

J.B : Ca a été beaucoup de plaisir. Gagner avec la Mégane et ma mère à mes côtés, c’était inespéré. Et satisfaction supplémentaire, elle s’est sentie plus à l’aise et en sécurité dans la Mégane que dans la Hyundai.  

 

D.H : Quel est votre bilan de cette saison en championnat de France sur asphalte ?

J.B : On a débuté la saison en étant dans les 7, 8 premiers. Au Rouergue on est monté sur la troisième marche du podium et on est sorti de la route au Mont Blanc suite à la rupture d’une rotule de train roulant. C’est intéressant de pouvoir s’étalonner face
à des références comme Bonato et Bouffier. Mais pour espérer se battre avec les leaders, il faut une expérience sur l’asphalte plus importante et des moyens financiers bien supérieurs aux miens. Il faut être entouré par des techniciens très performants car il y a de nombreux réglages à faire en fonction de la typicité de chaque rallye. Il faut aussi avoir les moyens de disposer des dernières évolutions.

 

D.H : Quels sont vos objectifs pour les saisons à venir ?

J.B : Le Graal ça serait d’être champion de France des rallyes sur asphalte. Il faut rester dans l’hexagone. Nous n’avons pas les moyens de courir à l’international. Mais dans l’immédiat pour 2019, je ne sais pas ce que l’on va faire. L’objectif n°1 est extra sportif.
Il s’agit de construire une maison. Peut-être allons nous revenir vers le championnat terre ou bien s’orienter vers un championnat mixte qui semble être dans les tuyaux de la FFSA avec Michelin à la manœuvre.


D.H : Rêvez-vous de devenir pilote professionnel ?

J.B : Je n’ai jamais trop rêvé à ça. Quand tu as 20 ans et que tu participes à des rallyes du championnat du Monde avec Peugeot, tu as quelques illusions mais tu reviens vite sur terre.  Les constructeurs ne misent pas sur un jeune… la FFSA c’est compliqué... Il faudrait avoir une grosse valise de billets que je n’ai pas.

 

D.H : Une fois la Hyundai réparée, allez-vous continuer de courir à son volant ?

J.B : Je ne sais pas. Il faut voir avec mon père. En terme de châssis et de résultat, la Skoda Fabia est devant. En moteur, c’est la Hyundai qui est supérieure. En fiabilité, la Hyundai est au top mais il lui manque globalement un petit quelque chose. Pendant
un certain temps, on a pu avoir des relations privilégiées avec Hyundai mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. Que faire sachant qu’une voiture neuve vaut plus de 200 000 € ?

 

D.H : Que vous a apporté votre titre de champion de France sur terre 2017 ?

J.B : Par rapport à mes partenaires privés, ça a été un plus. Le manufacturier de pneus D-Mack a bien joué le jeu en nous aidant à bien terminer la saison terre et en s’impliquant ensuite sur l’asphalte en 2018. Mais c’est malheureusement le seul parmi les entreprises importantes liées à la compétition automobile. Lors de la remise des prix de la FFSA à Paris, on est complètement passés inaperçus malgré notre titre.

 

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Publié le par Copilot.fr
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