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INTERVIEW : Christian BRUZI

« Je ne pensais pas que l’on pouvait gagner sa vie en étant pilote » Ancien pilote officiel Peugeot en 1993, Christian Bruzi reste aujourd’hui encore une sacrée référence même s’il ne pilote plus depuis 16 ans. A 55 ans, l’agriculteur d’Ille sur Têt (66) a toujours un franc parler et une expertise fort appréciable. Nous l’avons questionné sur sa carrière mais aussi sur le rallye d’aujourd’hui et de demain.

Dorian Hirat : A quand remonte votre dernière course ?
Christian Bruzi : C’était avec la Mitsu au Fenouillèdes en 1999. Non, je ne sais plus. Je crois que c’était avec la Clio gr N de Barroso aux Cévennes. Je vais regarder mes anciennes plaques de rallye dans le garage… J’ai fait le Var en 2000 et les Cévennes en 2001 avec le n°37 mais je ne sais plus avec quelle voiture (En fait, son dernier rallye est le Critérium des Cévennes 2001 qu’il a terminé à la 10e place et 1er Gr N) … Ne vous moquez pas des vieux, vous verrez. Quand j’étais jeune je ne comprenais pas pourquoi mon père oubliait toujours quelques poils quand il se rasait. Aujourd’hui je sais. Tu as 50 ans mais tu veux encore jouer les jeunes et ne pas mettre de lunettes…

D.H. : C’était il y a plus de 15 ans. Peut-on considérer que vous êtes définitivement rangé des voitures ?
G.B. : Je ne sais pas. Des fois ça me pique quand même. Si une opportunité se présente. Si mon copain Roig monte une grosse auto, pourquoi pas ?

D.H. : Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
G.B. : Ma participation au championnat de France 1993 en tant que pilote officiel Peugeot avec la 106 XSi groupe A. Mais aussi les reconnaissances des épreuves durant cette année et les précédentes du volant Peugeot du temps de la Coupe 309. On passait une semaine à reconnaître les routes. Tout était bien organisé et on pouvait reconnaitre sans se faire peur. On était entre pilotes, on passait du bon temps quand on mangeait ensemble. J’étais avec Vernet, Gazaud, De Faveri… Ca c’était des bons. Il n’y en a plus des comme ça.

D.H. : Je sais que vous êtes un spectateur assidu du rallye du Fenouillèdes. Quel regard portez-vous sur les rallyes aujourd’hui ?
G.B. : Je trouve qu’il y a des mecs avec des petites voitures qui attaquent. Il y a quelques années en arrière, j’avais l’impression qu’il n’y avait plus rien.

D.H. : Visiblement il n’y a que les petites voitures qui roulent fort pour vous ?
G.B. : Les grosses voitures ils ne roulent pas…. Ils n’exploitent pas le potentiel de leurs bolides…

D.H. : Oui, mais quand on attaque fort on finit parfois dans les arbres ?
G.B. : Ca fait partie du jeu. Quand on ne va pas jusqu’au bout, on ne connait jamais la limite. J’ai vu que cette année en championnat du monde avec les nouvelles voitures, ils roulent comme des fous. A une période les voitures étaient trop bridées. Mais cette année, il y a tellement de puissance qu’ils sont en travers partout. Les voitures sont extrêmement performantes en tenue de route et ça passe extrêmenent vite dans les virages. Les gars pilotent sacrément ! Entre nous, il ne faut pas qu’ils sortent de la route…

D.H. : Avez-vous des regrets quand vous regardez dans le rétroviseur ?
G.B. : J’aurais certainement pu faire plus si j’avais été à fond dedans. Mais j’avais une famille, un travail avec l’exploitation familiale. Je ne pensais pas pouvoir y arriver et gagner de l’argent en faisant le métier de pilote. Puis je suis mal tombé avec Panizzi dans la même équipe que moi. Je ne me suis pas engagé avec autant d’ambition que lui et il était poussé par la Fédération et par Peugeot. Qui est le plus heureux aujourd’hui ?

D.H. : A en croire Nicolas Hulot, notre ministre de l’écologie, les moteurs thermiques n’ont pas d’avenir. Pensez-vous que l’on fera des rallyes en voiture électrique en 2030 ? Est-ce souhaitable ?
G.B. : Ma fille travaille chez Tesla (contructeur de voitures électriques) aux Etats Unis.  J’ai eu l’occasion d’en essayer une de 500cv mais dont la puissance peut culminer à 700cv en appuyant sur un bouton. Jai accéléré à fond et j’ai eu immédiatement des gouttes de sueurs sur le front, ma femme (sa copilote quand il a gagné le Fenouillèdes) a failli vomir… Je n’avais jamais ressenti une accélération et des sensations comme ça. Et c’était en ligne droite ! Pour ce qui est des rallyes en voiture électrique, je ne sais pas ce qui va advenir. Par contre, je ne crois pas que ce soit très intéressant si j’en juge par ce que j’ai pu voir en ce qui concerne la Formule 1 électrique.

Propos recueillis par Dorian Hirat
Photo Dorian Hirat

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Photo 1 / 4 du véhicule INTERVIEW : Christian BRUZI Photo 2 / 4 du véhicule INTERVIEW : Christian BRUZI Photo 3 / 4 du véhicule INTERVIEW : Christian BRUZI Photo 4 / 4 du véhicule INTERVIEW : Christian BRUZI
  • Lors du dernier rallye du Fenouillèdes, Christian Bruzi (à gauche sur la photo)...
    Lors du dernier rallye du Fenouillèdes, Christian Bruzi (à gauche sur la photo)...
  • Christian Bruzi surnommé « Bison » peut-être parce qu’il fonçait...
    Christian Bruzi surnommé « Bison » peut-être parce qu’il fonçait...
  • En 1993, notre pilote roussillonnais a montré en certaines occasions...
    En 1993, notre pilote roussillonnais a montré en certaines occasions...
  • Sur les routes du Tour de Corse avec la Peugeot 106 groupe A officielle.
    Sur les routes du Tour de Corse avec la Peugeot 106 groupe A officielle.
Publié le par Copilot.fr
INTERVIEW : Christian BRUZI
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